J’ai suivi le cours « Interactive Strategies for Engaging with Art » et c’est passionnant! (semaines 1, 2 et 3)

Quand j’ai vu que Le MoMA, le célèbre Museum of Modern Art de New York, proposait le cours Interactive Strategies for Engaging with Art sur Coursera, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire et à suivre ce cours. Certains d’entre vous le savent, je co-organise un nouveau projet d’Initiation Artistique Bilingue espagnol-français, et le cours du MoMA est une mine d’or pour tout ceux qui sont amenés à concevoir des activités intéressantes liées à l’art et aux oeuvres d’art.

Le cours se décompose en 4 semaines , qui s’organisent comme suit:

Semaine 1 : Introduction à l’art et aux activités

Semaine 2: Activités pour analyser et réfléchir

Semaine 3: Activités pour créer, imaginer et connecter

Semaine 4 : Stratégies d’évaluation pour les professeurs

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Semaine 1

Les concepts de base

Pourquoi des activités autour de l’art?

Les activités permettent à des personnes de parcours différents et de niveaux de connaissance hétérogènes d’avoir accès aux oeuvres d’art.

Celles-ci constituent un point d’entrée vers l’interprétation d’une oeuvre.

Une activité peut être un jeu, une discussion, un dessin ou un travail d’écriture. Les activités sont centrées sur le processus et non sur la finalité.

En somme, l’objectif est de développer la créativité des étudiants.

Pourquoi une organisation autour de thèmes?

Car ils offrent un cadre pour connecter les époques, les espaces et les techniques. Comme le lien entre thème et oeuvre d’art n’est pas toujours évident, les thèmes permettent de voir plus loin, d’approfondir.

Le credo  : l’apprentissage par la pratique (learning through doing)

Le concept de l’apprentissage par la pratique mis en avant par le MoMA a été théorisé par John Dewey, psychologue et philosophe américain de la fin du 19e et milieu du 20e siècle dont la philosophie repose sur l’apprentissage par l’action. Il pose que le maître ne fait que guider l’élève qui est acteur de son apprentissage. Cet apprentissage se fait en connectant les nouvelles informations à notre expérience passée.

Ensuite, le MoMA s’inspire des travaux de Howard Gardner et la théorie des intelligences multiples.On distingue les types d’intelligence suivants :

  • l’intelligence linguistique
  • logico-mathématique
  • musicale
  • kinesthésique (le corps, le mouvement)
  • spatiale
  • intra-personnelle
  • interpersonnelle
  • naturaliste-écologiste
  • existentielle.

Ces intelligences multiples, dont chacun d’entre nous a une combinaison particulière, correspondent à des possibilités créatives variées qu’il s’agit d’épanouir et qui permettent à chacun d’être sensible à l’art. Il est donc important pour un concepteur de formation par exemple de prendre en compte ces différentes formes d’intelligences lorsqu’il conçoit des activités autour de l’art en l’occurrence (mais cela est à extrapoler à toutes sortes d »activités éducatives).

La philosophie qui sous-tend les activités désignées par le MoMA s’appuient sur le  courant constructiviste dans le domaine de la pédagogie suggère que l’individu construit ses propres connaissances en réaction à son environnement et les internalise en fonction de ses propres concepts. L’apprenant est acteur à part entière de son apprentissage et le pédagogue est un facilitateur.

Concevoir des activités intéressantes

Le but des activités que l’on conçoit est de susciter de l’intérêt pour l’art et d’aiguiser l’esprit critique à son sujet. Pour cela, les animateurs du MoMA ont défini des critères:

  1. d’abord, pour qu’une activité soit réussie, il faut fournir aux élèves des instructions et spécifier des attentes claires. Pour cela, une technique proposée consiste à faire des pauses dans les explications pour demander aux participants de répéter ce qui a été dit. Il est également important de donner un aperçu dès le départ du déroulement d’une séance.
  2. ensuite une activité réussie se base sur l’expérience des apprenants (selon l’approche constructiviste décrite plus tôt). Par exemple, si un tableau montre une scène de rue dans un lieu exotique, demander aux participants de comparer ce lieu avec ce qu’ils connaissent est une bonne approche. Il s’agit de poser des questions pour encourager les participants à faire le lien avec leur expérience.
  3. un autre critère est que l’activité doit être clairement en lien avec l’oeuvre d’art en question. Une oeuvre d’art est un support idéal pour utiliser ses sens et trouver du sens car l’oeuvre d’art transcende en général le lieu, le temps et les cultures.
  4. une activité intéressante doit aussi laisser la liberté de l’interprétation. Il est crucial de ne pas prévoir de conclusions planifiées à l’avance et avec lesquelles les élèves doivent « repartir ». L’apprentissage n’a en effet de sens, selon l’approche constructiviste toujours, que lorsque l’apprenant fait des connections avec son vécu.

En définitive, un activité intéressante doit

  • susciter la curiosité
  •  encourager les apprenants à ‘entrer directement en contact’ avec l’oeuvre
  •  encourager les apprenants à formuler des hypothèses basées sur leur expérience sensorielle

Elle doit permettre aux observateurs

  • de dégager l’intention de l’auteur
  •  d’approfondir la compréhension qu’ils ont  de l’oeuvre et du travail effectué autour d’elle

Le rôle de l’éducateur est

  • d’être un facilitateur qui encourage à cultiver la réflexion, de donner le pouvoir aux apprenants (to empower) de développer leurs propres idées originales, d’opérer des connections, et d’arriver à leurs propres conclusions.

Comment présenter ces activités?

C’est un choix de l’équipe du MoMa de les présenter par thèmes. Les thèmes qu’ils proposent sont les suivants: Identité, Espaces et lieux, Sociétés et politique, et les récits dans l’Art.

Il ne s’agit pas de présenter une oeuvre isolée, mais de l’inclure dans un thème qui regroupe plusieurs oeuvres, dont le nombre conseillé est de 3 ou 5. Il faut alors faire des choix car on en peut pas tout présenter et il est important d’approfondir avec les oeuvres que l’on présente.

Il est important de laisser le temps de l’observation, car une activité réussie doit faire réfléchir et la réflexion prend du temps.

Quels bénéfices apporte l’apprentissage basé sur des activités?

Au lieu de simplement acquérir de l’information, les apprenants développent une compétence-clé : l’observation. L’observation étant accessible à tout un chacun à quelques exceptions près, cela rend les activités accessibles aux plus grand nombre. Au fur et à mesure de l’exposition à des oeuvres de plus en plus complexes, les apprenants

  • aiguisent leur sens de l’observation
  • affinent leurs questions
  • développent les hypothèses qu’ils formulent
  • apprennent à collaborer (travail 2 par 2, en équipes…)

Ces compétences sont des compétences de base utiles à tout le monde et dans tous les aspects de nos vies.

Semaine 2

Des activités autour du dessin pour susciter la réflexion

Le dessin est un moyen simple de permettre la participation de tout le monde notamment de ceux qui sont moins à l’aise avec le discours. Des activités de dessin suppriment le stress de produire un résultat parfait et mettent plutôt l’accent sur le processus: le dessin est un outil pour l’exploration et l’observation des détails. Il est en effet compliqué de faire en sorte que les observateurs prennent suffisamment le temps d’observer.

Le MoMA propose aux participants un « viseur », ce qui peut être n’importe quelle carte par exemple avec une découpe carrée en son milieu et qui permet de concentrer l’attention de l’observateur sur un seul point à la fois de l’oeuvre. Cela permet d’approfondir l’observation, surtout si l’on dessine en même temps.

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Un « viseur » (viewfinder) utilisé au MoMA

Parfois le dessin peut concerner une partie spécifique d’une oeuvre, des formes, lignes, couleurs, motifs particuliers.

Une activité que les animatrices du MoMA recommandent s’intitule Draw and describe (dessiner et décrire). Par paires, les participants se répartissent les rôles : l’observateur décrit tandis que le dessinateur suit les instructions de l’observateur sans regarder l’oeuvre. Cela dure quelques minutes, à l’issue desquelles l’animateur/trice lance une conversation sur le sujet. Les membres de chaque paires vont alors partager et réfléchir sur leur expérience concernant l’exercice. Il s’agira de travailler sur les notions d’objectivité et de subjectivité, et sur l’importance du choix du langage pour décrire ce que l’on perçoit.

Des activités autour des sons et des mouvements

Certaines personnes sont plus à l’aise avec les activités qui impliquent du mouvement.

Une activité suggérée est celle de Follow the line (suivez la ligne), où après observation et discussion autour de l’oeuvre, est proposé à chacun de suivre une ligne du doigt. Cette activité est particulièrement appropriée pour les oeuvres abstraites comme le One: number 31 de J. Pollock. Cette activité permet de se focaliser sur les détails de l’oeuvre et de prendre en compte l’aspect du mouvement et du geste dans le processus de création artistique de l’artiste.

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Capture écran site Internet du MoMA

Une autre activité à faire en ce sens est Living sculpture (Sculpture vivante), qui est un travail sur les sculptures (celles de Brancusi en l’occurrence). Après avoir observé la texture, imaginé si la sculpture est légère ou lourde, observé la hauteur et d’autres caractéristiques, des participants sont encouragés à prendre une pose en imitant ce qu’ils observent dans l’oeuvre. L’expérience kinesthésique apporte alors une nouvelle dimension.

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Capture écran site Internet du MoMA

Il est possible aussi de travailler sur le son en associant un son à une couleur (bip bip pour le jaune, whou pour le rouge…etc). En assignant ces sons et en les faisant répéter aux participants ils apprendront à voir le lien entre couleur, forme et motif.

Les formatrices du MoMA encouragent tous les éducateurs, formateurs, animateurs, profs à adapter leurs activités à leur public et à oser créer de nouvelles activités faisant appel aux sens.

Une autre activité suggérée est celle du dessin à l’aveugle (Blind contour) après observation d’une oeuvre pendant 1 minute. Le principe est de choisir un point sur un papier et de dessiner ce que l’on voit en suivant la même ligne pendant 2 minutes sans lever le crayon et sans regarder le papier.

Ensuite il s’agit de réfléchir sur le ressenti  au sujet de dessiner ainsi à l’aveugle, en se posant des questions comme « Etait-ce frustrant? Libératoire? »

Des activités autour de l’écrit et de la discussion

Ce sont des activités qui en général requièrent peu d’intervention et de préparation de la part du professeur/animateur.

Quelques exemples:

  • Turn and talk (Tournez-vous et discutez)

Par paires et à partir d’une question ouverte, il s’agira de discuter sa réponse avec son partenaire.

Objectif : faire réfléchir et permettre à chacun d’exprimer ses idées.

Avantage : même les plus timides peuvent s’exprimer puisque le cadre par paires est rassurant.

  • Whip round (Volte-face)

Pendant la phase d’observation de l’oeuvre on demande à ce que chacun à tour de rôle dise le 1er mot qui lui vient à l’esprit au sujet de ce qu’il voit. Le seule règle est d’éviter de répéter un mot. Une liste des mots est établie pour un travail d’approfondissement ultérieur.

Objectif : observer une progression dans les mots.

Avantage : Chacun peut s’exprimer en étant à l’aise car il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses.

  • Visual inventory (l’inventaire visuel)

Les participants doivent lister tout ce qu’ils voient dans l’oeuvre présentée.

Objectif: permettre de se focaliser sur l’observation en laissant de côté l’interprétation dans un premier temps.

Avantage: Tout le monde est sur un même pied d’égalité avant de passer à la phase d’interprétation

  • Jeu de mémoire

On observe l’oeuvre pendant 30 secondes puis on lui tourne le dos et on décrit ce que l’on a vu et ce dont on se souvient. Parfois l’animateur demandera de focaliser son attention sur une partie précise de l’oeuvre.

Objectif: faire prendre conscience de l’intérêt de passer du temps avec une oeuvre pour la saisir en détail et de l’importance de la collaboration pour réunir tous les souvenirs et les remarques.

Avantage : après la première courte observation, l’observateur aura sa curiosité piquée à vif et aura un regain d’intérêt pour l’observation des détails non perçus au premier coup.

Activités basées sur le jeu

Dans le cadre du musée, les participants sont encouragés à jouer des rôles, explorer des stratégies, et faire des erreurs en se sentant suffisamment en confiance pour apprendre de leurs erreurs. Le jeu permet tout cela tout en offrant des points d’entrée ludiques et structurés vers l’art.

L’apprentissage approfondi se fait quand l’apprenant se sent personnellement impliqué et s’investit dans le sujet. Chaque cycle d’erreur-apprentissage permet d’accéder à un niveau de compréhension plus profond, le plaisir du jeu constituant lui-même la récompense. Cela permet d’entrer dans une relation particulière vis-à-vis de l’oeuvre.

3 jeux sont donnés en exemple par le MoMA:

  1. le jeu du cadavre exquis, inventé à l’origine par les surréalistes, qui consiste à dessiner une suite à partir d’une ébauche dessiné par quelqu’un d’autre avant nous. Le résultat final est la surprise de la découverte d’un dessin absurde.
  2. le material bingo : la structure est celle d’un bingo classique, sauf que dans les fenêtres/cadres, il y a des matériaux (peinture à l’huile, canevas, poils, plastique…). A chaque fois que l’un des matériaux est repéré dans la galerie, on ferme la fenêtre correspondante et le premier/la première à faire un alignement de cases fermées gagne (lien vers le site du MoMA qui explique cela en détail: Material bingo)
  3. Everyone’s a criticse joue à 2 l’un jouant le rôle du critique et l’autre de l’artiste, de dernier devant user de persuasion pour convaincre le critique (si plus de joueurs une personne joue le rôle du critique et tous les autres sont des artistes) .L’artiste choisit secrètement un thème, puis laisse le critique pointer du doigt n’importe quelle oeuvre dans la galerie. L’artiste doit alors expliquer en quoi l’oeuvre reflète le thème mais sans avoir recours au mot décrivant le thème.Le critique doit alors choisir un mot qui représente le thème ( 1 tentative par oeuvre). S’il réussit l’artiste gagne 1 point, sinon le critique choisit une autre oeuvre à décrire pour l’artiste. Si le critique ne devine pas après 3 tentatives (= 3 oeuvres) les rôles sont inversés (Ici la règle complète : Règle du jeu Everyone’s a critic )everyone's a critic.png

Chaque facilitateur est encouragé à créer des versions de ces jeux qui soient plus adaptés à son public et à son contexte d’enseignement.

Semaine 3

Activités pour créer imaginer et connecter

Il est important de laisser aux apprenants/observateurs/étudiants le temps et l’espace pour réfléchir et créer.

Une activité intéressante est l’exercice de l’autoportrait, que beaucoup d’artistes ont réalisé. Les formes de représentation peuvent varier, et être plus ou moins réalistes ou plutôt symboliques.

L’objectif est de permettre aux élèves d’explorer les aspects de leur personnalité et d’aller au delà des attributs physiques.

Avant de lancer les élèves dans cet exercice, il convient de discuter de l’exercice avec eux et de les faire imaginer et réfléchir à la manière d’utiliser par exemple des signes et des symboles pour réaliser leur autoportrait. Des questions comme celle-ci peuvent initier la réflexion: quels signes ou symboles vous représenteraient le mieux et correspondraient à votre identité?

Un autre exercice d’intérêt suggéré par le MoMA s’intitule élargir le cadre (expand the frame) qui développe l’imagination. Après observation de l’oeuvre comme à chaque fois, on utilise le viseur pour étudier les détails. Ensuite, l’animatrice distribue un patron de l’oeuvre avec un cadre élargi et l’exercice consistera à imaginer ce qu’il y a au-delà du cadre.

élargir le cadre expand the frame MoMA.png
Une oeuvre de Roy Lichtenstein (pop art) en fond et les patrons que l’animatrice distribue aux élèves pour l’exercice

Dans la même idée, un autre exercice consiste à faire imaginer aux élèves les personnages dans un autre cadre, lieu, époque, ou encore d’imaginer et de dessiner ce qui s’est passé avant et ce qui s’est passé après ce que l’on voit. Cela permet de mieux comprendre le travail de l’artiste.

On peut ensuite rassembler l’ensemble des dessins effectués par les élèves dans une sorte de bande dessinée, ce qui donne une autre dimension au travail créatif.

Enfin, une idée intéressante est d’utiliser l’écriture pour illustrer ce que l’on voit.

Encore une fois, ces activités permettent d’explorer le processus artistique.

Activités basées sur l’écriture et la discussion

  •  L’exercice Identity Icebreaker

Objectif: mettre à l’aise les participants, qui parfois visitent ce musée pour la première fois, ou ont un contact rapproché avec l’art pour la première fois.

Une idée est d’introduire la séance par une activité sur l’identité car chacun peut s’y rapporter et l’activité fait comprendre aux participants que leur opinion compte. L’identité est un thème universel (donc accessible à tous) et que les artistes eux-mêmes aiment explorer.

La consigne  est « choisir 3 mots qui représentent votre identité et les écrire sur un papier »

Ensuite, on ne demande pas aux élèves de lire ces mots (ce qui est une bonne chose car trop intime je suppose), mais de dire à quoi ces mots se rapportent : leur héritage, leur lieu de vie, leurs loisirs…

Puis on leur demande d’effacer l’un des mots, sans dire lequel, et on les questionne sur l’effet que cela produit de perdre un mot attaché à leur identité. Sont-ils à l’aise avec les deux mots qui restent?

On continue en effaçant un 2e mot et on demande à nouveau pourquoi et quel effet cela produit.

Pour clore l’activité, l’animatrice fait réfléchir à l’activité elle-même : « qu’avez-vous remarqué sur la manière avec laquelle vous construisez votre identité? la construction de l’identité a-t-elle davantage un rapport avec la manière dont on se voit soi-même ou la manière dont les autres nous voient? avez-vous remarqué l’attachement pour les mots qui définissent votre identité et l’effet que cela produit de perdre ces mots?

  • Une façon d’élargir la compréhension que les observateurs ont de l’oeuvre est de leur faire y participer en leur donnant la possibilité d’y ajouter des éléments, dans la Thought Bubbles activity par exemple ( « l’activité des bulles de pensées » comme dans les bandes dessinées.) Il s’agit d’écrire ce que les personnages pensent ou disent.

L’objectif est ainsi de faire le lien entre les informations contenues dans l’oeuvre et l’imagination de l’observateur. Ceux qui ont de véritables qualités d’écriture vont s’épanouir dans cet exercice. Pour les plus jeunes, quand l’écriture n’est pas adaptée, demander de dessiner les pensées est une bonne alternative.

  • Réaliser un poème : l’activité Post-it poetry

Après une discussion en groupe, on demande d’écrire un mot chacun sur un post-it. Ce mot sera inspiré par l’oeuvre, par les sensations qu’elle procure. Ensuite on rassemble tous les post-its sur une grande page, créant un poème collectif. L’activité est adaptée à tous les âges (les enfants devront parfois être guidés dans le choix des mots). Il existe des variations à cet exercice.

  • Les débats

Activité de choix avec les étudiants plus âgés. On divise les participants en 2 groupes, chaque groupe devant prendre position. On donne 5 à 10 minutes pour trouver des arguments à l’appui de la position du groupe, ces arguments doivent s’appuyer sur des preuves visibles, évidentes. Ensuite le débat commence et chaque groupe avance un argument à tour de rôle.

Objectif: travail en équipe, créer un sens de la camaraderie dans la collaboration et faire comprendre qu’il n’existe pas d’interprétation unique et que tous les points de vue aussi divergents soient-ils sont les bienvenus.

  • l’exercice de la carte postale

Cet exercice allie l’écriture et le dessin et permet de travailler l’imagination à partir d’une référence familière : la carte postale.

Choisir une scène que l’on fait observer aux élèves. Fabriquer des bristols de la taille d’une carte postale. D’un côté, les participants devront décrire (à un proche ou ami) ce qu’ils voient, ce qui les entoure, et de l’autre côté il s’agira de dessiner une portion de l’oeuvre que l’on apprécie.

On termine l’activité en faisant réfléchir les élèves: l’activité leur a-t-elle permis d’observer l’oeuvre plus en détail? se sont-ils sentis libres de s’exprimer?

  • Be the art

L’art n’est pas que visuel, cet exercice basé sur le mouvement le montre bien. Des volontaires devront représenter les formes et les lignes de l’oeuvre, les autres devront décrire les ressentis qui émergent de la représentation de l’oeuvre. Ils devront aussi comparer les représentations de leurs camarades aux formes de l’ouvre originale.

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L’exercice Be the Art réalisé avec des enfants
  • Tableau

Les participants sont divisés en 2 groupes : les acteurs et les réalisateurs.

Les acteurs miment les formes dans l’oeuvre tandis que les réalisateurs leurs donnent des consignes pour se rapprocher le plus possible de ce qui se voit dans l’oeuvre. L’objectif est de perfectionner l’observation des détails chez les participants.

  • Rhythm sequence

En Art, le rythme est visuel et non sonore. Pour créer de la synesthésie (une association de plusieurs de nos sens), cette activité propose d’assigner un son à ce qui est observé. On peut commencer l’activité en faisant écouter u  morceau de musique avec un rythme régulier et comparer à la création de rythme dans une oeuvre d’art. L’exemple utilisé au MoMA est celui de Broadway Boogie Woogie de Piet Mondrian:

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A une couleur on attribue un son. Des élèves joueront chaque type de son, et on forme ainsi un orchestre qui représentera l’oeuvre d’art en musique. Au fur et à mesure que le chef d’orchestre passe le doigt sur des lignes de couleur et des formes, l’orchestre joue la musique.

Cette activité intéressera les personnes qui ont des formes intelligence plus kinesthésiques, musicales ou spatiales. Elle permet aussi de transcender les barrières de la langue et les barrières culturelles.

Activités de Design Thinking

  • Pourquoi utiliser des objets de design comme support?

Car ces objets font souvent partie de notre quotidien et en les étudiant au musée par exemple on apprend à leur accorder plus d’intérêt dans le quotidien.

Ces objets sont aussi les témoins des cultures et des changements d’époque (pensez au téléphone portable par exemple).

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Le téléphone portable à ses débuts (capture d’écran Coursera)
  • Design as a noun (le design des objets)

Une première activité passionnante consiste à faire créer aux participants un Design journal, comme le font les designers. Dans ce journal, qu’ils transporteront partout avec eux pendant 2 semaines, ils consigneront au moins un objet par jour qu’ils rencontrent dans leur quotidien.

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Objets de design au MoMA suscitant l’intérêt des visiteurs (capture écran Coursera)

Il faut les encourager à faire des croquis, prendre des notes sur ces objets, et éventuellement créer une version en ligne de ce journal comme un  ou des tableaux Pinterest.

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Chaque participant tendra un Design journal pendant 2 semaines (capture écran Coursera)

Après 2 semaines,chacun choisira ses 5 objets favoris, et dira ce qu’il aime dans le design de cet objets, dans la manière dont ils fonctionnent, et quel rôle cet objet joue dans sa vie.

Cela enclenchera une discussion sur la manière dont le design impact notre vie quotidienne.

  • Design as a verb (le design en tant que process)

Le Design et le Design Thinking ne concernent pas que la conception d’objets : il s’agit aussi de planifier, évaluer et mettre en place un plan ou une solution à un problème.

On peut utiliser la salle de classe (ou n’importe quel autre espace familier) pour effectuer cet exercice avec les apprenants.

A chaque groupe sera assigné un espace ou un objet (un meuble de rangement, un bureau).  Le groupe devra analyser l’espace, le dessiner, analyser la fonction, documenter l’ensemble en somme et se demander si les espaces ou les objets remplissent leur fonction.

Ensuite tous les documents sont rassemblés sur un tableau par exemple et on organise un brief, détaillant les changements à effectuer sur les espaces et objets étudiés.

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Les travaux sont rassemblés pour le brief
  • L’activité « Une chaise d’astronaute »

C’est un excellent exercice de Design Thinking. Il apprend à réfléchir en termes de problème et de solution et démontre encore une fois qu’il n’y a pas de solution unique.

Pour plus de détails voir la section 3.6 du cours sur Coursera ici : Activity A chair for an astronaut

Cet exercice peut aboutir à la création d’une maquette ou d’un modèle réduit.

Ces activités de Design Thinking permettent

  • d’apprendre à réfléchir en termes de problème-solution
  • de pratiquer le brainstorming
  • d’améliorer l’aptitude à collaborer
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Capture d’écran Coursera
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