4 idées de carrières que vous n’aviez probablement pas envisagées si vous êtes polyglotte

On a trop souvent tendance à penser qu’étudier les langues destine essentiellement à devenir professeur, linguiste, traducteur ou interprète. Nous allons vous démontrer que les horizons sont  plus vastes que cela en vous parlant des métiers des professionnels avec qui nous sommes amenés à travailler et qui maîtrisent plusieurs langues étrangères.

Laissons de côté les métiers évidents en lien avec les langues. Étudier ou maîtriser (sans forcément les avoir apprises de manière académique) des langues peut permettre de décrocher un métier en lien direct avec les langues ou bien cela peut constituer un avantage compétitif. Voici 5 idées de carrières pour les polyglottes, hors des sentiers battus.

 

Les polyglottes ne sont pas destinés uniquement à devenir linguistes, traducteurs ou profs. L’éventail des possibles est bien plus vaste et intéressant.

La diplomatie

 

Les diplomates sont chargés de représenter leur pays à l’étranger, de mener des négociations avec les États auprès desquels ils sont accrédités, d’informer leur pays sur la situation du pays où ils sont, et de développer les relations avec ce dernier. Ce faisant, ils contribuent au rayonnement de leur pays sur la scène internationale. Sachant que l’essentiel du métier de diplomate se pratique à l’étranger,  maîtriser plusieurs langues constitue un atout de poids.

Formation

Pour rejoindre le corps diplomatique en France, il faut suivre une formation initiale spécifique à l’Institut Diplomatique et Consulaire (depuis 2010) et celle-ci intègre obligatoirement une formation en langues : « La formation linguistique fait pleinement partie de cette session avec un accent mis sur le perfectionnement en anglais. Ceci ne se fait pas aux dépens du plurilinguisme puisque la formation linguistique des nouveaux agents dépasse largement le strict cadre de la session de l’IDC. Les nouveaux agents s’engagent en effet, pour la durée de leur première affectation en administration centrale, à suivre des cours dans une ou deux langues correspondant aux besoins et intérêts du Département. »

Les langues aux concours

Les concours de catégorie A du Quai d’Orsay en France permettent aux meilleurs de devenir secrétaires ou conseillers des Affaires étrangères. Il est possible de passer les concours après une Licence et si vous maîtrisez l’anglais plus une autre langue (il faut donc être au minimum trilingue).

Au sujet des épreuves de langues aux concours, Charles Thepaut, diplomate au Ministère des Affaires Etrangères explique sur LinkedIn : « les épreuves de langues du concours sont des épreuves de rapidité. Pas besoin d’être le meilleur linguiste, vous pouvez vous approcher d’un niveau B2-C1, mais en revanche il faut pouvoir traiter et synthétiser des sujets politiques ainsi que traduire des textes de presse en un temps très restreint. Il n’est pas possible de gagner en vitesse du jour au lendemain. Il faut donc s’entraîner très en amont pour les écrits comme pour les oraux. La bonne nouvelle, c’est que lire et écrire rapidement est exactement ce que l’on vous demande quand vous travaillez au Quai d’Orsay. » (Lien pour voir le billet complet : ici).

Connaissance des codes culturels

Au-delà de la maîtrise des langues, le métier de diplomate requiert une fine connaissance des règles implicites et notamment des codes culturels qui permettent d’entretenir des relations cordiales et d’éviter les faux-pas. Un polyglotte aura des atouts puisqu’il est le plus souvent sensibilisé aux codes de la communication interculturelle.

Comprendre le métier diplomate vous intéresse? Il existe un Blog des diplomates français (Carnets diplomatiques)

Pour en savoir plus sur le parcours pour devenir diplomate, consultez la fiche Studyrama de ce métier.

 

Les métiers scientifiques

 

Vous savez probablement que les métiers liés à la science et à la recherche rassemblent des spécialistes de tous les pays du globe. Biologistes, chimistes, astronautes, experts de l’IA, médecins…Ces métiers requièrent la participation à de nombreux congrès, séminaires internationaux où ils doivent faire des présentations et échanger avec d’autres scientifiques.

L’anglais mais pas que

Par ailleurs, la communication scientifique et la nécessité de publier dans des revues, indispensables pour être chercheur, requièrent a minima une très bonne maîtrise de l’anglais.

Souvent, la production scientifique se fait en différentes langues, selon le pays où vous travaillez (japonais au Japon, en français et anglais en France, en portugais et anglais au Brésil…) et la circulation de l’information se fait par le biais de l’anglais. 

La Sorbonne propose un double cursus Sciences et Allemand par exemple, afin de favoriser la coopération scientifique entre la France et l’Allemagne et d’ouvrir les débouchés des diplômés.

Langues et mobilité

Par ailleurs, la maîtrise des langues en Sciences est gage de meilleure mobilité. Etre scientifique et polyglotte signifie que vous avez la possibilité d’aller étudier ou poursuivre des études dans différentes universités et Instituts à travers le monde, sachant que les université qui peuvent vous intéresser dans votre discipline ne sont pas nécessairement anglo-saxonnes. Pour rejoindre un programme universitaire, vous devez le plus souvent justifier d’un diplôme de langue au moins de niveau B2 (intermédiaire avancé). Si vous maîtrisez plusieurs langues, vous gagnez du temps et vous avez de meilleures chances de réussite à ces examens (dont le coût oscille souvent autour d’une centaine d’euros voir plus pour les tests IELTS et TOEFL).

Consultez les requis linguistiques pour intégrer l’Université Sapienza à Rome : ici

 

L’économie, la finance, l’intelligence économique

 

Les métiers liés à l’économie et à la finance mènent souvent à des carrières internationales et qui dit carrières internationales dit nécessité de maîtriser les langues.

Certains de ces métiers comportent un volet relation clients pour lequel mieux on maîtrise des langues, plus les chances de convaincre et fidéliser la clientèle sont grandes.

L’éventail des postes possibles et des progressions de carrière lorsque l’on travaille dans la finance, l’économie ou l’intelligence économique et que l’on est plurilingue est démultiplié. Une petite recherche Google nous donne par exemple :

Anglais fluent exigé

 

HEC (L’École des Hautes Etudes Commerciales) a publié une étude en 2000 ( Language needs in business, a survey of European multinational companies) où elle détermine qu’une excellente maîtrise de l’anglais est requise dans les jobs du monde des affaires:

« The expected level of English does vary according to the recruiting position. For top management recruitment, the expected level for English is always at least advanced and often near native. This implies that young recruits have to perform on the job at a C1 or C2 level on the « Common European Framework of reference ». L’anglais dans les métiers liés au business étant indispensable lors des présentations, des échanges, des meetings et des négociations, ces requis s’appliquent à la fois à l’anglais écrit et à l’anglais parlé, ce dernier étant davantage valorisé par les recruteurs.

 

Recommandations pour votre CV

Pour postuler à des métiers internationaux en commerce et en finance, l’étude précedemment mentionnée précise 3 points importants :

  • Un CV rédigé en anglais et/ou dans la langue locale ou la langue de l’entreprise (« Companies mostly expect CVs in English for international careers, possibly with a copy in the local or corporate language ».)
  • L’anglais est la langue à maîtriser en priorité, puis en second lieu la langue de l’entreprise (« English is clearly the most demanded language for a CV (17); second comes the language of the company where one is applying (4) and for the remaining companies (3) no specific language is required ».)
  • Il faut créer une section langues  » à part » sur votre CV et appuyer le niveau que vous vous attribuez par tous moyens (« In the CV, languages must be mentioned clearly in a separate section or with IT skills. Otherwise it is assumed that there are none. But before all, one third of the companies polled demand that applicants prove their level by accurate data of any kind, e.g. long stays abroad, standardised tests, exchange programs, internships, professional experience, post-graduate degrees, MBAs, foreign parents… Candidates having taken on language courses show proof of not being afraid to take initiative. »)

 

Parfois, c’est l’inverse : ce sont les connaissances en finance qui sont le bonus et les langues qui sont la clé lorsque le contact client est essentiel. A lire le témoignage d’un Manager client dans une banque d’investissement à Londres (en anglais) :  An Insider’s Experience of Languages in Finance.

 

A lire aussi cet article sur les langues à maîtriser pour travailler dans les Fusions & Acquisitions :  en anglais sur le site Mergers ans Inquisitions ici.

 

Journaliste

 

Le métier de journaliste amène à rencontrer et interview des personnes de différents horizons au cours d’une carrière. Certains journalistes sont sont des reporters ou des correspondants à l’étranger, ils vivent dans d’autres pays du globe et doivent se tenir au courant de ce qui se passe autout d’eux pour informer leurs rédactions.

 

Communiquer : indispensable

Ce métier requiert d’avoir le sens du contact et de savoir se créer un carnet d’adresses rempli. Maîtriser des langues y est donc un atout de taille.

Daniel Vernet, correspondant international dans plusieurs pays puis directeur de la rédaction du journal français Le Monde,  » pratiquait trois langues (allemand, anglais et russe), ce qui lui permettait de satisfaire sa boulimie de lecture de la presse, de livres et de tout ce qui constituait l’information à laquelle il voulait en permanence avoir accès » (source : Daniel Vernet, «journaliste-analyste», noblesse de la profession).

Anne Laure Bonnet, journaliste sportive française et animatrice de télé parle 5 langues étrangères (anglais, italien, portugais, espagnol, allemand). Elle a confié dans des interviews que si elle n’était pas polyglotte, elle ne ferait pas ce métier de journaliste de terrain, car parler plusieurs langues permet de tisser des liens différents avec les personnes.

Si parler plusieurs langues n’est pas indispensable au métier de journaliste, cela permet néanmoins d’exercer son métier différemment, de l’approcher sous une autre facette ou de lui apporter un éclairage tiré de la compréhension des cultures liées aux langues que l’on parle.

Formation de journaliste

Les écoles de journalisme en France sont accessibles sur concours et l’une des épreuves est quasi systématiquement une épreuve d’anglais.

 

En conclusion

Le point commun des secteurs et métiers que nous vous avons présentés est qu’ils fixent presque toujours comme pré-requis une très bonne maîtrise de l’anglais et comme requis ou bonus une ou plusieurs autres langues étrangères. Quel que soit le métier qui vous attire, si les langues ne sont pas la compétences principale demandée, très souvent elles vous apportent un avantage compétitif ou une vision du métier qui peut beaucoup vous apporter.

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